Une fois de plus, le mariage entre l'animation musicale du printemps de Brumath et l'AMIA (amis de la musique sur instruments anciens) laissa s'exprimer une des perles européennes de l'art vocal. A la fois fougueux et caressant, incisif et péremptoire, Joachim Carlos Martini poussa la «Junge Kantorei Frankfurt» dans les derniers retranchements de l'art de dire la gloire de Dieu.
Les polyphonies toutes en dentelles d'une époque où la musique préfigurait en «s'éclatant» le romantisme et toutes les autres écoles dont nous goûtons aujourd'hui les merveilleux chefs-d'oeuvre, devinrent un langage fascinant qui berça, qui souleva et transcenda le verbe. Que les organisateurs aient, par souci d'oecuménisme, choisi la grande salle du centre culturel pour la manifestation n'est pas un bémol.
Rien Voskuilen au positif a su choisir d'une part les partitions en conséquence et bien évidemment les interpréter de manière magistrale. Pachelbel, ou Frescobaldi mais surtout Buxtehude sous des doigts experts sont parfaits sans obligatoirement la richesse d'un grand orgue.
Il serait temps qu'un public de mélomanes plus nombreux fasse figurer sur son carnet des bonnes adresses Brumath et son printemps musical.
© Dernières Nouvelles D'Alsace, 22 Mars 1999